Information santé · 4 min de lecture
Risque relatif et risque absolu : faire parler les mêmes chiffres
Comprendre une réduction de risque, calculer un exemple simple et vérifier la durée, le comparateur et les effets indésirables.
Par Rédaction Doclineo · Rédaction assistée par IA · Révision éditoriale du
« Le risque baisse de moitié » peut décrire un effet important ou une petite différence absolue. La phrase n’est pas nécessairement fausse ; elle est incomplète tant que le risque de départ reste inconnu.
Les chiffres de cette fiche sont des exemples inventés pour expliquer les calculs. Ils ne décrivent aucun médicament, vaccin ou dépistage réel.
Le risque absolu donne une fréquence ; le relatif compare deux fréquences
Le risque absolu exprime la probabilité d’un événement dans un groupe pendant une période donnée. Le risque relatif rapporte le risque d’un groupe à celui d’un autre. Les deux racontent une partie différente de la comparaison.
Ainsi, un risque relatif de 0,5 signifie un risque divisé par deux dans la comparaison étudiée. Cela ne dit pas si l’on passe de 20 à 10 événements ou de 2 à 1 pour mille. Le NIH souligne l’importance du risque de départ et du contexte pour interpréter une annonce de santé.
Références : NIH — Understanding Health Risks.
Un exemple entièrement fictif, calculé étape par étape
Imaginons deux groupes comparables de 1 000 personnes suivies pendant un an. Dans le groupe de comparaison, 40 personnes connaissent l’événement ; dans l’autre, 30 le connaissent.
Les risques sont donc 40/1 000 = 4 % et 30/1 000 = 3 %. Le rapport 3/4 vaut 0,75 : la réduction relative est de 25 %. La différence absolue est de 4 % − 3 % = 1 point de pourcentage, soit 10 événements de moins pour 1 000 personnes sur un an.
Dire « 25 % de réduction » et « 10 événements de moins pour 1 000 sur un an » est compatible. Dire « 25 personnes sur 100 sont protégées » ne correspond pas à ces données.
Sur petit écran, faites défiler le tableau horizontalement pour voir toutes les colonnes.
| Risque sans intervention | Risque avec intervention | Réduction relative | Différence absolue |
|---|---|---|---|
| 40 pour 1 000 | 30 pour 1 000 | 25 % | 10 pour 1 000 |
| 4 pour 1 000 | 3 pour 1 000 | 25 % | 1 pour 1 000 |
| 400 pour 1 000 | 300 pour 1 000 | 25 % | 100 pour 1 000 |
Le nombre nécessaire à traiter n’est pas un verdict
Quand la comparaison permet cette interprétation, l’inverse de la réduction absolue fournit un nombre nécessaire à traiter pour un bénéfice supplémentaire. Une réduction de 0,01 donne 1/0,01 = 100. Il faut préciser le résultat considéré et la durée.
Ce nombre ne désigne pas à l’avance « la personne qui profitera » du traitement. Il ne résume pas non plus tous ses effets. Cochrane rappelle que le calcul dépend de la mesure d’effet disponible et du risque utilisé ; on ne transporte pas mécaniquement un chiffre d’une population à une autre.
Références : Cochrane Handbook — Chapitre 15.
Vérifier ce que le chiffre mesure vraiment
Un odds ratio, un rapport de risques et un hazard ratio ne sont pas interchangeables. Le premier compare des cotes, le deuxième des risques, et le troisième un rythme instantané d’événement dans une analyse de survie. Une conversion improvisée peut donner une impression trompeuse.
L’estimation doit aussi être accompagnée d’une mesure d’incertitude, par exemple un intervalle de confiance. Une valeur centrale très précise à l’écran n’implique pas que l’étude permette la même précision dans la réalité.
Références : Cochrane Handbook — Chapitre 6.
Ne pas présenter le bénéfice en relatif et le dommage en absolu
Pour votre propre lecture, mettez les résultats sur une même base et un même horizon. Dans notre exemple fictif, comparez des événements pour 1 000 personnes pendant un an, puis décrivez séparément leur gravité. Un événement mineur et un événement invalidant ne deviennent pas équivalents parce qu’ils occupent une ligne chacun.
Le but n’est pas d’additionner sans distinction tout ce qui est favorable ou défavorable. La fréquence, la gravité, la réversibilité et les contraintes quotidiennes n’ont pas la même importance pour chaque personne. Un chiffre aide à décider ; il ne choisit pas vos priorités à votre place.
Références : NIH — Understanding Health Risks.
Cinq questions pour une consultation ou une actualité
La rédaction propose cette vérification courte avant de réagir à un pourcentage spectaculaire. Si une information n’est pas disponible, écrivez « inconnue » plutôt que d’inventer une conversion.
- Quel événement compte-t-on exactement, et pendant combien de temps ?
- Quel est le risque dans le groupe de comparaison ?
- Combien d’événements de moins ou de plus sur une même base de population ?
- Les personnes étudiées ressemblent-elles à celles concernées par la décision ?
- Quels autres bénéfices, dommages et incertitudes accompagnent ce chiffre ?
Questions complémentaires
Une petite différence absolue est-elle forcément inutile ?
Non. Son importance dépend notamment de la gravité de l’événement, des contraintes et du nombre de personnes concernées. Le calcul ne remplace pas cette appréciation.
Une baisse de 4 % à 3 % fait-elle une baisse de 1 % ou de 25 % ?
Elle représente une baisse de 1 point de pourcentage en absolu et de 25 % en relatif. Il faut annoncer de quelle mesure on parle.
Sources et portée des références
Les références étayent les points indiqués dans le texte. Les exemples fictifs, calculs et grilles proposés par Doclineo sont distingués des recommandations de ces organismes.
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NIH — Understanding Health Risks
Définitions, risque de départ et appréciation des bénéfices et dommages.
Source consultée le .
-
Cochrane Handbook — Chapitre 6
Mesures d’effet, intervalles et distinctions entre rapports.
Source consultée le .
-
Cochrane Handbook — Chapitre 15
Interprétation de la différence absolue et du nombre nécessaire à traiter.
Source consultée le .
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